lundi 7 février 2011

Ohlala n°149 (How to deal with a Freak)

Hier, je n'ai pas eu la force de vous raconter où on en était de cette petite discussion au coeur de l'absurde avec A. qui refusait que je parte + tôt pour pouvoir louer + vite à quelqu'un.

Rattrapons ce retard, parce qu'après tout c'est un peu l'élément le + drôle de ce blog et je vais être bien embêtée quand je vivrai avec une personne saine d'esprit d'ici 9 jours.

Hier donc, A. vient me trouver dans ma chambre en m'expliquant avec force écarquillement d'oeils (je sais qu'on dit "yeux" hein, mais ça sonne beaucoup moins bien dit à voix haute), en m'expliquant donc que si je pars le 15, c'est très embêtant parce que c'est le milieu du mois.
- Euh. Oui mais j'ai payé le mois entier !
- Ah mais ça n'est pas une histoire de loyer, you don't get it. C'est le dépôt de garantie qui pose problème.
- Euh... comment ça ?
- Eh bien comme tu m'as dit le 25 que tu allais partir, normalement ce qui se passe avec un "30 days notice" c'est que tu restes jusqu'à la fin du mois.
- Euh... mais je comprends pas, je vous ai donné le loyer du mois de février en entier, donc si vous trouvez quelqu'un avant c'est tant mieux pour vous mais sinon de toute façon le loyer il est payé jusqu'en mars.
- Non mais tu ne comprends pas (ah je l'attendais celle-là). Ce n'est pas le loyer le problème. C'est le dépôt de garantie, parce que ce dépôt sert à ce que je paie le mois de mars si je n'ai pas trouvé de nouveau locataire.
- Euh mais non. Le dépôt il sert pour le mois de février au cas où je partirais sans prévenir.
- Non, listen to me : si tu pars le 15, je suis légalement obligée de te redonner la moitié de ton loyer alors que normalement quand on dit que tu dois prévenir 30 jours à l'avance ça veut dire que tu pars au bout de 30 jours, pas avant.
- Mais j'ai payé le mois entier. Je vous demande pas de me le rendre. Et puis je vois pas le rapport avec le dépôt de garantie.
- Mais si je te rends pas le demi loyer tu pourrais m'attaquer en justice !
- Euh bah non puisque sur le bail y a marqué que je dois donner 30 jours de préavis, je peux pas réclamer le loyer que je me suis engagée à payer. Et de toute façon j'ai aucune intention de vous attaquer.
- Oui mais on est aux Etats-Unis, you never know!

Là dessus elle se casse (!!) parce qu'elle était en fait avec un type qui venait visiter l'appart et elle l'a laissé en plan pour avoir cette discussion, logique.

Le mec jette un oeil à ma chambre et l'aime, il dit qu'il veut emménager le 15.
A. revient me voir toute contente pour me l'annoncer et me dit "bon alors y a plus de problème !"
Euh ouaiiiis si on veut...
Et là elle me sort : "Nan mais en fait, voilà, je voulais savoir si ça serait un problème, quand tu partiras le 15, si je te rends le dépôt de garantie juste quelques jours + tard parce que là en fait tu vois bah je l'ai dépensé..."

...
...
...

PUTAIN TOUT CA POUR CA !!

Donc bien sûr que je lui ai dit oui et que ça posait pas de problème (alors que j'aurais bien récupéré le dépôt pour payer le nouveau dépôt du nouvel appart mais bon) et qu'il suffisait qu'on parle pour trouver un arrangement, blablabla qu'il valait mieux dire les choses tout de suite, blablabla communication blablabla... et là elle me fait un hug.

Et moi toute souriante qui la reçoit dans mes bras "ahahah you see it's definitely not a problem!"

J'ai fini par comprendre que cette femme n'est absolument jamais gentille.
A chaque fois qu'elle semble chaleureuse ou qu'elle dit un truc aimable, c'est un masque.
Une fois qu'on a compris ça, ça devient beaucoup + facile de la gérer, il suffit de faire comme elle.
Ce doit être épuisant d'être elle. Je suis bien contente d'avoir ma vie et mon fonctionnement psychologique (je suis bien contente d'avoir + de 5 ans dans ma tête).

Aujourd'hui, elle a fait visiter la chambre à trois autres personnes.
J'étais là donc j'ai entendu tout ce qu'elle leur racontait ou presque.

A un moment elle a dit à une des filles "you're so beautiful, you have such a smile! Your teeth are just PERFECT! This is AMAAAZING!"
Et la fille a rigolé d'un rire à la fois flatté et un peu étonné.
Et je me suis dit que j'avais dû rigoler exactement de la même façon quand elle me sortait 2 minutes après qu'on se soit rencontrées que j'étais incroyablement mature et qu'elle espérait tellement que j'allais accepter de devenir sa coloc.

Cours, petite. Cours.

dimanche 6 février 2011

Ohlala n°148 (Going out in Brooklyn)

Et si, aujourd'hui, on se contentait juste des images ?

Le matin, Botanic Garden


Les photos sont en noir et blanc parce qu'il faisait si moche que j'ai pas tout de suite réalisé que j'étais restée en réglage noir et blanc. Ahah.



"Please do NOT sit on the grass"

Hum. Oui donc. Quand vous entrez dans une serre. Ne vous servez pas tout de suite de votre appareil photo. Surtout si vous venez d'un endroit où il fait 2°C avant. 
Apprentissage de la vie, bonjour : l'air très humide et chaud fait de la buée sur le verre froid.

Bon, y avait une expo spéciale avec des bonzaï, je me disais oui bon bof à part rigoler des haïkus stupides qui "illustrent" l'expo à coup de clair de lune et de vols de dragon, quel est l'intérêt - et puis j'ai regardé de près les petits bestiaux et non seulement c'est beau mais en + c'est un vrai art de réussir à le faire pousser comme on veut, parce que c'est de la sculpture d'arbre en fait, il y en a plein de types différents (je vous ai pas mis toutes les photos) et ça demande une vraie connaissance, c'est pas juste pof je plante la graine et ça pousse tordu.



Bonzaï mort, c'est peut-être le + incroyable de tous ceux qui sont présentés - et le + beau. D'après l'étiquette, la chose aurait cessé de vivre peut après avoir été déplantée pour être amenée dans la collection d'un riche collectionneur. Faut dire qu'on déplace pas sans conséquence une brave petite chose de... 800 ans !


Ci-dessus et dessous, la végétation "désert"... et la neige dans le fond.


Et hop, un dernier petit passage dans la partie tropicale avant de retourner affronter la pluie et le froid - il a enfin fait au-dessus de zéro, mais avec le vent et la pluie c'était carrément + désagréable que quand il fait -8°C et du soleil.

Le soir, Brooklyn Museum

Et c'est pas du petit musée !
Nocturne sponsorisée par Target, grande chaîne de magasin qui vend de tout. 
Entrée gratuite et nombreuses animations de 17h à 23h tous les premiers samedis du mois.


Ci-dessus et dessous, deux exemples de "place" réservée à la grande table triangulaire dédiée aux femmes (trop) oubliées de l'Histoire. J'entends June Prune et Le Clara qui frétillent : oui, il y a un coin dédié entièrement à l'art féministe dans le musée.
Bon, pour le coup, l'oeuvre est super imposante et l'idée est pas mal (une grande table avec la place de toutes ces femmes, de "la déesse préhistorique" jusqu'à Virginia Woolf + les noms de 999 autres femmes oubliées de l'histoire inscrits sur le socle - sacré travail de recherche) mais le coup des assiettes personnalisées à forme évocatrice m'a un peu mise mal à l'aise.
Imaginons que je devienne une femme importante qui change le monde (imaginons dis-je), bah je sais pas si je kifferais trop retrouver mon nom dans une oeuvre d'art avec posé sur "mon" assiette la représentation symbolique de ma propre partie externe de l'organe reproducteur (surtout si elle se retrouve entourée de dentelle ou qu'elle a l'air d'être une cosse de petits pois).


Bon je me suis épargné le visionnage de la vidéo expérimentale avec des bouches qui remuent à intervalle irrégulier sans émettre de son. Je crois que j'ai été traumatisée dans les écoles d'art et que je m'en remettrai jamais.

Super impressionnant : un manche de couteau égyptien. Là vous l'avez en taille réelle, ou légèrement grossi. Et les petites gravures, ce sont des vaches. Avec les 4 pattes la tête et les cornes à chaque fois. Si si.

Allez, un petit jeu : devinez à quoi sert cette chose à part ressembler à un ibis et être joli.

Le jeu continue : devinez ce que c'est !

 
Preuve que le Brooklyn Museum a une collection impressionnante et très diversifiée : après le féminisme et l'art égyptien (et une expo absolument passionnante sur Norman Rockwell mais j'ai pas pris de photo - c'est con pour une expo sur un photographe), l'art indien !
Détail rigolo : on sait que cette statue a servi à être adorée parce qu'elle est + usée devant que derrière, preuve qu'elle a été touchée souvent.
Deuxième détail rigolo : la statue porte un string (je vous juste, on voit la ficelle) et rien par-dessus.

Oeuvre impressionnante là encore, représentant une déesse dont je n'avais jamais entendu parler, Durga. Là elle tue un démon qui s'était déguisé un buffle.
Le truc cool quand t'as plein de bras, c'est que même si les humains te font tomber et t'en abîment un (cf. le bras droit censé être levé en l'air et qui s'arrête à l'épaule) bah tu peux continuer l'extermination des démons, alors que Vénus hein bah elle a pas l'air maligne maintenant.


Petite statuette de Shiva et son double féminin représentant "the union of male and female energies" dans la fameuse position qu'aucun être humain n'est capable de reproduire, dite "du lotus". Rappelons que les deux partenaires doivent être assis en tailleur face à face. Facile. 

(Bizarrement, pas de petit panneau prévenant que le jeune public peut être choqué - alors que rien qu'en comptant le nombre de bras je trouve que y a matière à traumatisme).

Alors qu'Elton John en couverture d'un magazine avec son bébé et son compagnon, ça frôle la pornographie.

Bien bien bien.

samedi 5 février 2011

Ohlala n°147 (Richie's room)

Bon, finalement j'ai fait le mouton à cuillère dorée dans la bouche et je suis allée à la fameuse réception donnée par R. D. sur la 77th St. en l'honneur des 3ème années actuellement en stage ou à l'université à NYC ou autour.

J'arrive devant l'hôtel (avec doorman qui veut absolument ouvrir la porte pour toi alors même qu'elle a un petit moteur pour s'ouvrir tout seul donc il la pousse juste - feignasse). J'entre dans le hall. Euh. Ok. Y a des gens en costard qui discutent dans des canapés. Où aller ? Je demande à la réception "Yes, take the elevator, second floor, room 215". Euh "room" ? Genre "chambre" ? Genre on va dans la chambre de RD en fait ? Qu'est-ce que c'est que ce délire ?

Bon. Je prends l'ascenseur. Chelou l'ascenseur, tout noir et blanc avec des miroirs, on se croirait dans la salle de bain de Jo (c'est ma tante, mes parents comprendront) mais en + petit (vraiment tout petit cet ascenseur pour 2 personnes, pas très classe pour un hôtel de l'Upper East Side). C'est hyper oppressant d'avoir du carrelage et des murs en noir et blanc partout autour de toi dans un espace de 2m².

Bon. Je suis dans le couloir. Effectivement y a que des chambres. Et donc là j'imagine que je suis censée trouver la 215. Suivons les flèches. C'est ici. La porte est ouverte. Je jette un oeil (et le ramasse bien vite). Un gars de mon âge est en train de se débarrasser de son manteau dans les bras d'une fille souriante. Ce serait donc vraiment ici. J'approche. Good evening Good evening... merde mais ça parle anglais c'est nul.

"BONJOUR !" Wah mais qui crie comme ça ?! "Bon bah je vais faire l'accueil hein ! Je suis Nadia Mar*k !". Euh y a Nadia Mar*k qui est en train de me tendre la main pour me dire bonjour. Genre la directrice adjointe de l'école qui forme l'élite de la France me tend la main pour me dire bonjour. Waaaah. On se réveille. "Bonjour ! Enchantée... (merde, je m'appelle comment déjà ? Je dis quoi, mon vrai prénom ou le prénom que les gens retiennent ? ou est-ce que je m'amuse à dire nimp, genre Margaux Bardon, ou...) C***** B."

 Merde j'ai dit mon vrai nom. Wow ça fait super bizarre, j'avais pas prononcé ce nom depuis facile 6 mois. Je dois avoir l'air choquée par cette découverte parce qu'elle me regarde d'un drôle d'air. Bon. Je donne mon manteau, mon sac, je jette un coup d'oeil autour, on est donc vraiment dans une chambre, tous les meubles ont été retirés mais  y a une TV à écran plat. Ah tiens quelqu'un que je connais, je vais dire bonjour. Tout le monde insiste pour qu'on prenne à boire, donc je me laisse tenter par un Coca (folie folie). D'autres entament une belle grande coupe de champagne, d'autres ont un verre de vin rouge à la main. Je suis pas hype et je m'en fous.

Des étudiants qui sont en échange à Columbia arrivent, on discute. Soudain, RD est à nos côtés. Il nous demande ce qu'on fait à NY, chacun répond à tour de rôle. Il nous demande si tout se passe bien. Ce qui nous a le + surpris depuis qu'on est ici. Si le niveau des étudiants est bon. Si on s'est bien intégré à la vie professionnelle. Entre chaque question un bref silence "wah trop bizarre on est en train de parler à RD, euh, on est censés lui dire quoi en fait ?".

Et puis il dit qu'au Japon ou à Pékin l'intégration est pas facile et je lui demande pourquoi, il se met à nous parler de la société japonaise où les femmes ne prennent jamais la parole même dans les + grandes universités et des Chinois qui respirent + de trucs toxiques que d'oxygène. Je ne sais plus si c'est à Pékin ou à Tokyo mais dans une de ces deux villes, il n'y a pas de système de nom de rues, tu dois te démerde pour savoir où se trouve l'endroit où on te donne rendez-vous mais il n'y a pas, je répète, ni de nom ni de numéro dans les rues. C'est complètement hallucinant.

J'enchaîne en lui demandant s'il a des nouvelles des étudiants en Egypte, histoire de savoir ce qui me serait arrivé si j'avais été là-bas. Ils sont sur le point d'être rapatriés, on les a laissé faire comme ils voulaient au départ mais maintenant ils sont fortement incités à rentrer. D'ailleurs, les journalistes aussi sont en train de partir, demain matin au Caire il n'y aura plus que des Egyptiens pour tenir le monde au courant de ce qui se passe place Tahrir, les hôtels mettent tout le monde dehors et les militaires font des descentes pour confisquer les ordinateurs et les appareils photos.

Et puis RD enchaîne sur les étudiants américains qui sont incapables de tenir une conversation sur l'actualité internationale et sur la bourse qui vient justement d'être attribuée à un étudiant de Yale. Puis il parle du système des concours, du système éducatif français basé sur "la moyenne" (j'ai failli parler de June Prune), de la façon dont on choisit les candidats à l'ENA... Il finit par nous laisser pour faire un discours officiel de remerciement, fin du quart d'heure surréaliste (et non pas quart d'heure américain, je vous vois venir).

Ensuite chacun reforme de petits groupes pour se donner des nouvelles, je rencontre la coloc de Khedidja, je parle avec des gens de la même promo que moi, que j'ai côtoyés pendant 2 ans et que je n'ai jamais vus de ma vie, c'est marrant. Bon, ça a un petit côté agaçant rappelé par Nadia M. à un moment quand elle a dit pour rire au milieu du discours de RD "c'est pas grave, on est entre nous hein !". Oui, voilà, entre "nous". Ce qui m'agace le +, c'est peut-être bien de sentir que malgré mon ton sarcastique, je fais bien partie du "nous".

Mais bon, j'admets que ça fait du bien de partager ses expériences et de pouvoir parler tout le temps en français. Finalement, un peu avant 21h, je rentre. Je serais bien restée un peu - quoique certain(e)s commençaient à avoir un peu trop bu et à devenir légèrement lourd(e)s - mais il fallait que j'aille discuter avec A.

Oui parce que, rebondissement dans l'affaire A., je lui ai dit hier que je partais le 15 et voilà qu'elle m'annonce par mail ce matin que ça va pas du tout et qu'il faut que je reste jusqu'à la fin du mois parce que ça va être compliqué de trouver une nouvelle coloc pour le milieu du mois !! Non mais je rêve.

Rappelons que j'ai déjà payé le loyer pour tout le mois de février. Donc je vois pas où est le problème si je me barre le 15 et qu'elle trouve quelqu'un que le 1er mars, ça fait quand même la transition, financièrement parlant. Pire, si elle trouve quelqu'un avant - ce qui va évidemment arriver puisqu'il faut environ 3 jours pour visiter un appart et y emménager à NYC - elle gagne 15 jours de loyer rien que pour elle puisqu'elle a déjà le mien en poche.

Et voilà qu'elle me sort que les gens en hiver bougent très peu à NY et que donc ça va être compliqué. Un putain de petit village de 8,4 millions d'habitants, j'avoue, gros challenge en perspective.

Elle terminait son mail en disant qu'elle voulait qu'on en parle ce soir. Donc j'ai juste répondu que oui, d'accord, on se parlerait ce soir. Manque de bol quand je suis rentrée à 21h30 elle était déjà au lit apparemment, en tout cas elle a pas bougé pour venir me parler et quand j'ai essayé d'aller la voir à 22h30 elle a pas répond quand j'ai toqué à sa porte.

Donc on verra ça demain. J'ai super super super envie de me foutre ouvertement de sa gueule et de lui dire presque sans demi-mot à quel point elle est "fucking stupid" de venir me faire chier avec ses "normalement quand on dit qu'il faut donner 30 jours de préavis ça veut dire qu'on reste dans l'appartement pendant les 30 jours ou alors on part juste quelques jours avant". Non, A., les 30 jours de préavis ça veut dire que tu PAIES les 30 jours suivants. Et il se trouve que je te paie même davantage que 30 jours puisque je t'ai annoncé le 25 que j'allais partir et je te paie jusqu'au 28 février.

Evidemment, comme d'hab, je vais la jouer aimable et courtoise. Mais je vous le dis à vous, si je pouvais lui parler en français et pas en anglais, je crois bien que je me ferais le plaisir de lui parler exactement comme elle nous parle, en répétant "tu ne comprends pas" "est-ce que je peux parler ou est-ce que tu cherches juste à dire quelque chose ?" "laisse moi être claire sur ce point" tout en agitant mon index comme une prof de CE1.

Décidément, parfois, je regrette que mes parents m'aient si bien éduquée.

vendredi 4 février 2011

Ohlala n°146 (MoMA Night)

Pas de Molly au bureau aujourd'hui, je ne sais pas trop pourquoi, elle m'a dit qu'elle avait une urgence et qu'elle ne pouvait pas venir. J'espère que c'est pas grave.

Résultat j'ai encore + passé ma journée à rien faire que d'habitude (je veux dire, rien faire pour CH parce que j'ai fait plein de lectures intéressantes pour moi).

On a fait une réunion de concertation "réseaux sociaux" et Molly va être ravie : ils ont décidé de reconduire le Pepsi challenge qu'elle déteste tant et dans lequel on n'a aucune chance. Quelle riche idée. Et tant qu'on y est, ils ont prévu de répartir le travail de vote entre plein de personnes au siège, donc on va tous se taper des listes d'adresses mails à faire voter tous les jours. Pendant que d'autres paient des gens pour le faire à leur place et créent de fausses adresses puisqu'il n'y a aucune vérification de leur validité. Super super.

Ah et puis j'expérimente mon premier cas de "gestion de publicité négative sur Twitter", un gars qui est pas mal influent et qui s'est plaint de pas pouvoir placer une gamine dans un de nos foyers donc on va le joindre, lui demander de nous expliquer ce qui s'est passé, essayer de joindre nous-mêmes le foyer pour avoir leur version de l'histoire, tout ça tout ça. Ce qui est fou c'est que c'est moi qui me suis rendue compte du truc, personne avait capté qu'il avait dit ça alors que je suis pas censée être celle qui gère le compte de CH. Cette organisation a vraiment un problème avec sa gestion des relations externes.

Et puis ce soir j'ai retrouvé F-Z pour aller au MoMA, il y avait une soirée spéciale (ils appellent ça une MoMA Night) avec un DJ qui faisait du bruit dans le hall. Bon. C'était pas exceptionnel. Mais c'était sympa, disons que la discussion était + intéressante que le lieu, mais j'y retournerai pour regarder les oeuvres un de ces jours.

On se retrouve probablement demain sur Madison Avenue pour une réunion spéciale 3A new-yorkais avec Richie, oui, le vrai, l'unique, le directeur de ScPo, rien que ça ! on est tous "cordialement" conviés par sa Majesté le très saint Richard D., j'en connais une qui est atrocement jalouse (car oui, il y a des étudiantes qui fantasment sur leur directeur même quand celui-ci a sans cesse l'air sous l'emprise de la cocaïne); je sens que l'ambiance petit-four-champagne-uhuhuh-qu'on-est-bien-entre-petite-caste-supérieure-j'adooooore-New-York va me soûler un peu mais l'idée d'aller discuter avec Richie (oui il a dit "je serai heureux de discuter avec vous") me fait rire donc ça devrait compenser.

PS : j'ai refait du poulet au curry et il était encore + réussi que le précédent uhuhuh.
PS 2 : comme je suis de bonne humeur, je vous fais découvrir - si vous l'ignorez encore - l'existence de Jon Lajoie, un mec qui a réussi à créer l'une des rares vidéos que je peux regarder 5 fois de suite en rigolant à chaque fois (même Maru le chat n'est pas aussi fort). Ci-dessous donc, celle que je préfère (mais il y en a plein d'autres sur Youtube) :

Hands Commercial - Jon Lajoie.

jeudi 3 février 2011

Ohlala n°145 ("Crêpe" is the answer)

Qu'est-ce qui se passe le soir où il a fait moche toute la journée et plu une espèce de glace dégueu qui verglace ?
Qu'est-ce qui se passe quand tu habites toujours à une heure de ton lieu de travail en sachant que tu pourrais être chez toi en 30 minutes dans un nouvel appart ?
Qu'est-ce qui se passe quand tu te tapes les grincements suraigus du métro parce que y a plus de batterie dans ton mp3 donc tu peux pas couvrir le bruit ?
Qu'est-ce qui se passe quand tu rentres et y a personne à part The Freak barricadée dans sa chambre parce que tes colocs sont sorties ?
Qu'est-ce qui se passe quand Le Clara n'est pas connectée sur Skype avant 23h ?
Qu'est-ce qui se passe quand tu réalises que la distance ne sera peut-être abolie que pour une courte durée ?
Qu'est-ce qui se passe quand tu es le pays du "howareyoudoing" mais t'as pas envie de répondre ?
Qu'est-ce qui se passe 96 jours avant de reprendre l'avion ?

Eh ben il se passe que tu fais des crêpes !
Et après tu mets plein de Nutella dedans.
Et de la confiture de raisin (dans une autre crêpe hein, pas les deux à la fois, erk).
T'en fais pour 4 et t'en manges la moitié.

Et puis tu fais confiance au temps pour que les choses se passent différemment que ce que tu prévois, comme il sait si bien le faire.

mercredi 2 février 2011

Ohlala n°144 (Do French men cook for their girlfriend?)


Yeah ! Je veux déménager tout de suite !
Je suis retournée chez N. aujourd'hui, la Japonaise à qui je vais louer une chambre à partir du 15 février. J'y allais juste pour donner le "deposit" et j'y suis restée un peu plus d'une heure ! Autrement dit on a pas mal discuté, c'était vraiment marrant, on a partagé notre vision de NYC et de Paris, parce qu'elle y est déjà allée en touriste. Elle a pris quelques cours de français, elle m'a dit plusieurs fois qu'elle a peu d'occasions de pratiquer, je vais essayer de lui parler un peu en français de temps en temps.

N. m'a posé plein de questions qui m'ont faite rire, notamment "comment sont les garçons français ? Est-ce qu'ils sont timides ? Et est-ce qu'ils sont gentils avec leur copine, par exemple est-ce qu'ils cuisinent pour elle ?"
D'après elle, et c'est souvent ce que j'ai entendu, les garçons au Japon sont du genre très dominateurs, hors de question de faire des tâches "de femme" - autrement dit des tâches manuelles et chiantes.

Sinon, ça y est, je me mets enfin à faire de la vraie nourriture : ce soir comme prévu et exigé par le coach Clara, c'était curry de poulet !

Eh ben contrairement à ce que j'aurais pensé, c'était super réussi !

Cette nouvelle recette, qui a la bonne idée d'être super simple tout en ayant une bonne tête (enfin là sur la photo j'ai juste tout entassé mais ça pourrait même être bien présente), contient du curry, au cas où vous ne l'auriez pas deviné. Eh ben je pensais que le curry ça n'a pas de goût. Eh ben je me plantais. Histoire de vérifier j'en ai mis plein. Et j'ai découvert qu'en fait ça pique ce truc ! Oui, je viens d'apprendre à 20 ans (car non, je n'ai pas 19 ans, contrairement à ce que croit... RJF) que le curry ça pique et je suis drôlement contente.

mardi 1 février 2011

Ohlala n°143 (Avril Lavigne, Obama, Max Brenner and others)

Chouette journée. Je sais pas si c'est ma tendance à la bipolarité qui me fait voir tout en positif. Peut-être. Tant mieux.

Demain je donne la caution pour l'appart, en priant pour que ma future coloc japonaise ne soit pas en fait une méchante Chinoise usurpatrice qui me fait payer 735$ puis disparaît à tout jamais. Mais bon pousser le vice jusqu'à mettre des plats humides dans l'égouttoir et foussonner une couette sur le lit et mettre de la vraie saleté dans la chambre à louer, ça serait un peu beaucoup quand même.
Notez que si je décidais d'arnaquer des gens, je m'y prendrais exactement comme ça, mais bizarrement on dirait que les arnaqueurs sont toujours particulièrement cons parce qu'ils utilisent toujours les mêmes techniques "désolé je peux pas vous faire visiter en personne je suis à l'étranger" "si vous pouviez me payer par Western Union ça serait cool" etc. Y a que Sawyer qui arnaque bien, mais c'est un personnage de Lost donc il existe pas en vrai.

J'ai passé la journée à lire le site de CH pour y ajouter des liens internes, c'est-à-dire ajouter des liens dans les textes qui pointent vers d'autres pages du site, par exemple pointer vers la rubrique "human trafficking" quand on parle d'un jeune qui a été pris dans un réseau de prostitution.
Résultat j'ai lu des pages du site que j'avais jamais lues, notamment l'histoire d'une fille de 15 ans qui traînait partout avec elle un pot de peinture, elle dormait avec, elle le gardait près d'elle à la cantine, elle le posait juste derrière le rideau de la douche quand elle se lavait et elle le gardait entre ses pieds quand elle se rhabillait.
Et souvent elle s'isolait avec et elle lui parlait en chuchotant et en se balançant d'avant en arrière.
Quelqu'un qui travaillait à CH a fini par lui demander ce que contenait le pot.
Elle a dit "c'est ma mère. Les cendres de ma mère."
Elle avait récupéré les cendres juste après sa mort. Et tout en serrant le pot de peinture contre elle, elle a expliqué qu'elle avait jamais connu sa mère, parce qu'elle l'avait jetée dans une poubelle deux jours après sa naissance. Des policiers l'avaient trouvée, elle avait été placée en famille d'accueil, elle en avait toujours voulu à sa mère. Et puis un jour elle a voulu la retrouver. Elle a appris où elle vivait. "Sauf que quand je suis arrivée, l'endroit était vide. Parce que ma mère était à l'hôpital. Elle avait le sida. Je suis allée à l'hôpital. J'ai enfin rencontré ma mère. Et elle m'a dit qu'elle m'aimait. Elle m'a dit qu'elle m'aimait. Et elle est morte le lendemain."

On dirait un scénario de film, c'est encore + triste que Philadelphia. Parfois la vie c'est encore + fou, horrible et beau qu'un film.

Ce soir j'ai récupéré mon téléphone américain rapporté par P., le copain de la coloc du Clara.
On en a profité pour discuter un peu autour d'un chocolat chaud, parce qu'il y a un endroit trop bien juste à côté de chez lui où on n'était jamais allé encore ni l'un ni l'autre : Max Brenner. L'auteur éponyme de cet endroit est double puisqu'il s'agit de Max Fichtman et Oded Brenner. En fait il y a 11 Max Brenner à Sydney, 6 en Israël et un seul à New York. Et le principe de l'endroit, c'est que tout est à base de chocolat. Histoire de faire la New-Yorkaise j'ai pris un chocolat chaud avec des marshmallow. C'était drôlement bon, servi dans une tasse en forme d'oeuf, le tout pour 5,25$ ce qui est très raisonnable quand on pense aux prix parisiens.
Quand je dis que tout est à base de chocolat je plaisante pas : y a des cocktails au chocolat ! Genre avec du vrai alcool et du chocolat. Je me demande ce que ça donne, peut-être bien que je testerai un jour, ça m'intrigue.

Ensuite je suis allée acheter de quoi préparer ma future nouvelle compétence culinaire : du poulet, de la crème fraîche et du curry. Juste quand je marchais dans la rue en me disant "rah ça serait bien de trouver un Food Emporium ils auront forcément de la crème fraîche et des filets de poulet de bonne qualité", mais sérieusement juste à l'instant où je pense ça, bam, je lève les yeux et je suis devant un Food Emporium que j'avais jamais vu jusque là.
Résultat je me suis baladée dans les rayons en songeant "seigneur mais je peux acheter 4 fois + pour le même prix au Key Food Market", sauf que contrairement à la France où c'est rare d'avoir vraiment des produits de merde, aux USA on sent vraiment la différence entre un produit payé presque rien et un produit payé au tarif Monoprix.
Apparemment les Food Emporium ni visent pas le même public que les Key Food Market, donc pour une fois je connaissais toutes les musiques diffusées et même je les connaissais par coeur parce que c'étaient de vieilles chansons de mon enfance (si si) genre y a eu du Avril Lavigne et je me suis retrouvée à bouger les lèvres en chantant dans ma tête "When you're goooone the piiiieces of my heeeart are missin' you" entre les bananes et les surgelés - notez que je trouve cette chanson vraiment naze hein, mais ça faisait du bien d'entendre de la musique connue et que ça ne soit ni Rihanna ni Lady G***.

Ce soir, je venais à peine de rentrer et K. m'a annoncé qu'elle avait dit à A. qu'elle allait partir, que le trajet la fatiguait trop et qu'elle se sentait pas très bien dans le quartier et A. l'a bien pris ! Nous qui étions prêtes pour la guerre des tranchées, on serait presque déçues.
K. a peut-être trouvé un endroit dans Harlem, vers la 148e St. Perso je préfère largement avoir quelque chose dans Wiliamsburg parce que la 148ème ça commence à faire drôlement au Nord (pour rappel la 110ème c'est le Nord de Central Park) mais bon, elle a l'air d'être satisfaite, c'est cool.

P. m'a dit qu'une autre fille de ScPo (que je connais un peu) vit aussi dans Williamsburg et qu'elle paie 1200$ de loyer. Quant à P. lui-même il tourne à 1500$ !! Bon il est en plein centre, sur Union Square. Mais ça fait mal pour une résidence étudiante.
Résultat je m'en sors pas mal du tout même en ayant déménagé plusieurs fois (si j'avais pas perdu la première caution versée à Taous je serais même plutôt satisfaite de toutes ces expériences, finalement j'aurai vécu dans 3 quartiers super différents, avec plein de gens super différents... enfin bon tant que je serai pas installée dans le nouvel appart le 15 février j'aurai du mal à croire que je vais vraiment vivre dans un quartier aussi sympa).

Ajoutez ça une discussion qui part dans tous les sens avec Le Clara ce soir, notamment un petit passage sur Obama tout seul ou presque dans le bureau ovale, et puis quelques vidéos sur Canal + et vous avez une plutôt bonne journée qui s'achète !

A propos de Canal +, je regarde le Petit Journal depuis quelques jours, à force d'entendre du bien de Yahn Barthès j'ai jeté un oeil à ce qu'il faisait et le Petit Journal d'hier est particulièrement croustillant, si vous voulez découvrir ou juste rire, c'est par ici.